Les pommes du jardin du Cosquer

Pommiers du jardin du Cosquer à Combrit dans le Finistère

Un parfum de nostalgie

Automne…., voilà la saison des pommes ! Celles que nous avons plaisir à croquer ou à cuisiner viennent des jardins du Cosquer, anciennement domaine du château du même nom. Ces pommes ont aussi, au sein de notre famille, un parfum de nostalgie. En effet, Hugues, mon Papa, raconte souvent son enfance passée au domaine du Cosquer. Il était, à l’époque, propriété de la Comtesse de Rochechouart de Mortemart (décédée en 1947).

Né à l’Ile-Tudy en 1939, Papa a passé de nombreuses vacances à Combrit. Il résidait chez une de ses tantes dont l’époux était le régisseur du château. Les allées, les dépendances, et le bois du domaine étaient alors le terrain de jeu favori des enfants autorisés à fréquenter les lieux.

Encadrée sur l’un des murs de notre petit salon, la photo du château pique toujours la curiosité de nos locataires. Nous avons toujours plaisir à raconter son histoire. Malheureusement, l’édifice n’existe plus. Attaqué par la mérule (champignon parasite qui attaque le bois et la pierre) le bâtiment était en péril. Il fut démantelé  en 1975. Lui subsiste aujourd’hui une partie des anciennes écuries transformée en demeure privée.

Dans mon enfance, les balades dans les bois de Roscouré, anciennement propriété du Cosquer, et préemptés par l’Etat dans les années 80, ont rythmé les dimanches. Au détour du ramassage des châtaignes ou de la cueillette des champignons, Papa nous racontait le domaine tel qu’il l’avait connu. Ainsi, nous apprîmes que dans cet arbre aux branches tortueuses et basses, à l’abri du feuillage “on s’allongeait sur les branches et on mangeait des pommes”. Que dans cette allée “roulaient des landaus”, ou encore que “tous les cousins ont appris à conduire sur la pelouse devant le château”…

Quand les souvenirs communs enrichissent la mémoire d’un lieu

Lors de la lecture du dernier roman de J.M.G Le Clézio, “Chanson bretonne”, ce fut une surprise de découvrir des souvenirs communs avec ceux de Papa. L’auteur décrit le Cosquer ainsi : “C’était un château de contes de fées, une sorte de fantaisie blanche dans le style médiéval cher à Viollet-le-Duc, ornée de tourelles à chapeaux pointus et de tours crénelées, décorée de stuc et de frises, montrant une série de fenêtres et de lucarnes, avec une seule porte à chambranle en haut d’un escalier bordé de rampes de pierre incurvées”.

Le chateau du Cosquer à Combrit lequel a été démantelé en 1975

Je pourrais compléter ces souvenirs avec ceux partagés à la maison. Papa évoque pour sa part des détails de l’intérieur du château. Dans l’entrée, une toile représentant le détroit de Gibraltar l’a particulièrement marqué. Il se souvient aussi de deux grands portraits de la Comtesse (grand-mère de l’actuel propriétaire, Victurnien de Mortemart). L’un la représentant jeune fille, l’autre une fois mariée. Certainement impressionné par les lieux du haut de ses 6 ans, il se remémore un grand salon blanc au rez-de-chaussée. Par ailleurs, c’est peut-être le salon de musique, doté d’un piano à queue, qui lui a donné envie d’apprendre le piano. Enfin, lui qui, plus tard, deviendra cuisinier, se rappelle une cuisine dans laquelle on descendait par un escalier en pierre.

C’était, comme il aime à le rappeler « au temps des sabots de bois, au temps où le chauffage n’existait pas. On faisait des glissades sur les flaques gelées, on écoutait des pièces de théâtre à la radio et on allait à la Poste pour téléphoner ».

La cueillette au jardin du Cosquer

Eh oui, croquer à pleine dents dans la chair des pommes du jardin du Cosquer, c’est aussi se laisser envahir par l’émotion de l’histoire du domaine.

Alors, séduit par une virée dans les vergers ? Pour vous y rendre en voiture, prenez la direction de Sainte-Marine. Au rond-point, dirigez- vous vers Bénodet. Vous trouverez l’accès au Jardin du Cosquer sur votre gauche, avant le pont de Cornouaille. Ensuite laissez-vous guider par la signalisation pour arriver jusqu’aux arbres fruitiers.

Si vous circulez à vélo au départ de l’Ile-Tudy, empruntez le sentier des douaniers. Il vous promet une jolie balade à l’abri de la circulation sur une grande partie du trajet. Cliquez ici pour voir l’itinéraire à vélo.

Les variétés de pommes et poires

Les vergers sont répartis sur quatre hectares. Quatorze variétés de pommes sont cultivées, dont les maturités s’étalent sur la période d’ouverture à la cueillette. La plus précoce est l’Estivale. Il s’agit d’une pomme d’été, à maturité vers le 25 août. Mais vous trouverez également « Jubilé », « Braeburn », « Boskoop », « Canada », « Belchar », « Melrose », … Parmi les plus tardives, des variétés comme la Fudji ou la Royal Gala pourront être consommées au mois de novembre.
Si vous appréciez également les poires, quatre variétés sont représentées sur un hectare du domaine, dont la Guyot et la Comice. Cette dernière est des plus fondantes quand arrive novembre.

Aux commandes des vergers se trouve Victurnien de Mortemart lui-même. Il pratique une agriculture raisonnée, très attentif à la santé de ses arbres quant arrivent les mois de mai et juin, période la plus sensible en termes de fragilité pour les pommiers.

Le déroulé de la cueillette au Jardin du Cosquer

La cueillette se déroule tous les jours, uniquement l’après-midi de 14h30 à 18 h, de fin août à mi-novembre. Sur place brouettes et contenants sont mis bien sûr mis à votre disposition. Vous choisissez et cueillez pommes et poires directement aux arbres en fonction des variétés. Elles seront pesées en fin « d’exercice », parfois physique.

Enfin, au pays du cidre et du jus de pomme, sachez que ces pommes sont aussi utilisées pour faire du jus de fruits, les invendues étant livrées à des grossistes.

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