Zaza Minssen ou l’art de sublimer les nageuses

L’affiche de l’exposition, un plongeon dans les années 50

affiche de l'exposition 2018 à la galerie Minssen à l'Ile Tudy

L’été dernier, j’ai eu un véritable coup de coeur pour l’affiche de la Galerie de Zaza Minssen située à l’Ile Tudy.
Fan du cinéma des années 50, elle m’a plongée dans l’atmosphère hollywoodienne des ballets aquatiques des films de la MGM, avec en vedette la magnifique Esther Williams. La nageuse de Zaza, mon imagination la transpose aussi dans une toute autre ambiance, celle de Dinard et des tentes bicolores de la plage de l’Ecluse. De mon point de vue, le personnage se fondrait parfaitement avec l’architecture de cette station balnéaire dont je ne me lasse pas.
Poursuivie par mon envie de me procurer cette affiche pour l’encadrer et lui donner sa place dans mon intérieur, j’ai appelé Zaza Minssen pour savoir si des exemplaires étaient encore disponibles à l’achat. A l’occasion de notre rencontre à son atelier/galerie, j’ai voulu en savoir davantage sur cette  artiste qui peint depuis 30 ans et pratique la natation.

Une formation artistique reçue pour partie de Marc di Napoli

Zaza, quelle est votre formation artistique ?
J’ai appris énormément de choses par moi-même. Mais j’ai également appris beaucoup de l’artiste Marc di Napoli, avec lequel j’ai pris des cours, à Concarneau. Je ne sais pas si vous connaissez Marc di Napoli, il a été acteur. Il a joué dans le feuilleton télévisé “Deux ans de vacances” et dans “Tom Sawyer” de Wolfgang Liebereiner. A 20 ans il a dit“ je ne veux pas être artiste de cinéma, je veux être artiste peintre”.
Il m’a enseigné certaines des bases du métier de peintre qui me faisaient défaut. C’est avec lui que j’ai appris à fabriquer mes peintures et à monter mes châssis. Mais assez vite il m’a dit “toi, tu n’as pas besoin de moi”.

Des influences qui feront évoluer la peinture de Zaza Minssen

Au cours de votre parcours quels sont les artistes qui vous ont particulièrement inspirée ?
Le premier tableau qui m’a inspirée, c’est une gouache de Pierre de Belay (1), un peintre breton, que j’ai vue dans une salle des ventes à Quimper. J’avais trouvé ça extrêmement beau. Ensuite j’ai été influencée par les expressionnistes allemands abstraits. Et en vieillissant, ce sont les oeuvres de Cy Twombly, Roy Lichtenstein, Robert Rauschenberg,… tous les artistes du pop art, qui m’ont davantage attirée.

D’après ce que j’ai lu, ce que vous faisiez avant est très différent de vos nageuses, pouvez-vous m’en dire plus ?

Toile de Zaza Minssen robe dorée,peinture à la cire sur toile
Robe dorée, peinture à la cire sur toile – ©Zaza Minssen

Précédemment j’ai travaillé la peinture à la cire. Cela correspond à la période où je peignais des robes. Tous les matins, je fabriquais mes peintures et ma cire. Je mettais des pigments, des liants, et je faisais des assiettes chaque jour avec des couleurs différentes, j’appliquais beaucoup de couches sur la toile.

Pour avoir des fonds qui ressemblent un peu à des murs, des fonds très vieillis, j’utilisais des techniques mêlant l’utilisation du papier de soie et du fer à repasser ou du décapeur thermique. J’ai travaillé comme ça pendant 10 ans. La peinture à la cire est une technique utilisée en restauration d’art. Je l’ai aussi apprise chez Marc di Napoli.

La « genèse d’une nageuse »

Pour en revenir à vos nageuses, comment se déroule la réalisation d’une de ces toiles ?
Je démarre par un shooting photo avec des modèles, soit dans l’atelier soit sur la plage. Une amie créatrice de lunettes m’en prête différentes paires et j’achète des bonnets de bain.
Il faut du temps pour apprivoiser le modèle. Je travaille avec cinq ou six jeunes filles. Une fois les photos faites, je re-travaille les couleurs sur le logiciel Illustrator. Ensuite, je réalise mon dessin avant de passer à la bombe. Manier la bombe est assez difficile : si on rate il faut jeter la toile. Mais c’est un travail que je maîtrise grâce à l’utilisation de différentes buses*. Et puis je reprends aussi le travail au pinceau.

En moyenne, combien de temps vous prend la réalisation d’une toile de nageuse ?
Cela dépend, il n’y a pas de règles, parfois ça me prend du temps pour être satisfaite du modèle, et avoir les idées des bonnes couleurs. Les couleurs sont ce qu’il y a de plus dur, je trouve. Les belles couleurs à la bombe, c’est surtout le bleu cobalt, lorsqu’il y a un blanc en dessous, il ressort encore plus.

Cela veut dire que quand vous travaillez à la bombe on est vraiment sur de la couleur sans aucun mélange ?
En effet, c’est cela, il n’y a pas de mélanges. Après, j’utilise aussi de la peinture industrielle en pot pour le blanc et le noir.

Ces nageuses, un messages adressé aux femmes ?

Y-a-t-il un message adressé aux femmes dans vos toiles ? Personnellement, ça me rappelle beaucoup le cinéma des années 50, avec ces grandes productions hollywoodiennes mettant en scène des nageuses synchronisées.
Non, je n’ai pas spécialement voulu adresser un message aux femmes. C’est plutôt une inspiration qui me vient en effet des ambiances des films d’Hitchcock, des films avec Grace Kelly, et aussi des affiches de cette époque.
Par contre, précédemment, il y a bien eu un message sur la féminité à travers mon travail sur les robes. Je n’en portais personnellement jamais, et par la suite, j’ai mis des robes. C’était en 2008, et j’ai d’ailleurs exposé ces toiles à Londres.

L’exposition été 2019 de Zaza Minssen

Dans votre galerie cet été, il y aura uniquement des nageuses ou les visiteurs pourront-ils admirer d’autres styles de  toiles comme les voiliers de l’an passé ?
Pour l’instant, je ne sais pas encore. Non, les voiliers c’est un genre de toiles je n’ai plus envie de peindre.
Par contre, il y a une évolution dans mes nageuses. Par exemple, si on prend ce tableau dans lequel la jeune femme tient une boisson à la main, c’est la première fois que j’ajoute ce type d’accessoire. J’ai fait des photos avec des Chupa Chups et des cornets de glace, donc on verra si ça évolue. Je cherche, … on ne sait jamais où ça va nous mener…

Si à travers ces toiles Zaza Minssen entend juste “sublimer le monde des nageuses” (Ouest France juillet 2018), pour ma part je trouve que leur luminosité, leur fraîcheur dégage une vraie sensation de bien être. C’est comme un appel à prendre le large, à la rêverie. Un appel à prendre du temps pour soi, le temps, entre deux bains de mer ou de soleil, de visiter la Galerie de Zaza située à deux pas de la plage.

(1) Peintre quimpérois, fidèle ami de Max Jacob. On peut voir nombre de ses peintures et dessins au Musée des Beaux Arts de Quimper
*Embout qui permet d’adapter l’angle/le débit de pulvérisation de la peinture à la bombe

Galerie Zaza Minssen
10 rue des Cyprès – 29980 Ile-Tudy
Ouverture juillet et août
(visite sur rendez-vous 06 86 75 64 62)
contact : Elizabeth.minssen@orange.fr

Une visite au Musée Bigouden de Pont l’Abbé

Les Bigoudens, marchands & faiseurs de mode, une exposition à visiter en pays Bigouden

Affiche de l'exposition les Bigoudens marchands et faiseurs de mode
©Serj Philouze

Jusqu’au 4 novembre, profitez d’une très belle exposition au château des Barons du Pont de Pont l’Abbé. Elle met en lumière l’ouverture sur le monde du pays bigouden à travers le développement de sa propre esthétique vestimentaire. Contrairement aux idées reçues, les costumes bigoudens ne sont pas issus d’une tradition ancrée mais le fruit d’une mode inspirée par les échanges commerciaux et l’ouverture sur le monde de la ville de Pont l’Abbé.

Les recherches de l’équipe du musée ont mis en exergue l’importance des marchands : négociants, drapiers, merciers… dans l’évolution des tenues. Ce sont en effet eux qui ont mis à disposition des Bigoudens les nouveautés en termes de textiles, de rubans, de soieries, et autres ornements et matériaux issus des quatre coins de la France, insufflant un perpétuel renouvellement de la mode.

Vous découvrirez également  la tradition des boules de pardon, vendues en Pays Bigouden dès la fin du 19ème siècle par des marchands-forains. Elles témoignent elles aussi de la richesse des échanges commerciaux.

L’exposition permanente pour découvrir l’histoire et la culture du pays Bigouden.

C’est dans l’autre aile, et au fil des quatre salles de la tour du château, que vous découvrirez la culture bigoudène à travers notamment ses collections de costumes et coiffes, son habitat et ses meubles typiques tels les lits clos. Vous pourrez aussi admirer des meubles illustrant le souffle art déco breton.

Enfin, la dernière salle vous permettra d’admirer non seulement la superbe charpente de la tour mais également de magnifiques broderies. Ces dernières ont été réalisées par le brodeur professionnel de la prestigieuse maison Le Minor, Jean-Michel Perennec. Créateur de la Maison de la Broderie et de la Dentelle Bigoudène, Jean-Michel Perennec, enseigne et transmet ses savoir-faire depuis de nombreuses années. Il est en effet convaincu qu’il est capital de sauvegarder ce patrimoine qu’il considère comme en danger de disparition.

Exposition permanente du Musée Bidouden à Pont l'Abbé dans le Finistère

Adresse :
Le Musée Bigouden
Château des Barons du Pont
Square de l’Europe – 29120 Pont l’Abbé
Entrée adulte : 5 €
Moins de 11 ans : gratuit
Ouverture tous les jours de 10h à 18h en juillet et août. En dehors de cette période consultez le site du musée

La Compagnie Bretonne, le savoir-faire familial d’une marque tournée vers l’avenir

Visiter la conserverie pour s’imprégner de la philosophie de la marque

Après un séjour à la pointe du Finistère, en Pays bigouden Sud, le coffre de ma voiture s’alourdit toujours de mes produits locaux favoris. Parmi ceux-ci figurent les excellentes conserves de la Compagnie Bretonne.

Une échappée au grand air en ces jours de congés de Toussaint 2017, m’a donné prétexte pour une visite aux ateliers de la conserverie. Situés sur le port de Saint Guénolé, à trois kilomètres à peine du  phare d’Eckmühl, c’est, de plus, une jolie balade que je vous conseille si vous faites du tourisme dans la région.

Une histoire et un esprit de famille

La Compagnie Bretonne c’est avant tout une belle histoire de famille. Si Jean-François Furic a fondé l’actuelle usine en 1998, il était déjà porteur de son expérience dans le groupe familial et de l’héritage de ses père et grand-père en matière de conserverie traditionnelle. C’est en effet en 1923, au Guilvinec, autre port des environs, que fut lancée l’activité de cette lignée de conserveurs. Aujourd’hui, l’atelier de Saint Guénolé est dirigé par la quatrième génération, représentée par Sten et Maria Furic.

Sourire et prévenance ont accueilli nos premiers pas dans les bâtiments de cette conserverie. Elle emploie soixante personnes dont quarante cinq en production. J’ai tout de suite ressenti cette atmosphère “esprit de famille” qui caractérise les structures à dimension humaine. Elle est d’autant plus marquée en ce lieu que la main de l’homme, ou devrais-je dire plutôt ici de la femme, est essentielle.

Pris en charge par notre guide du jour, nous avons été invités à nous asseoir dans une petite salle obscure pour une présentation, nourrie d’échanges, de l’enseigne et de ses activités. S’en sont suivies une visite des ateliers et une dégustation dans le magasin de la conserverie. J’en profite pour remercier notre hôtesse pour ses explications détaillées que je partage avec vous dans les lignes qui suivent.

Les fondements identitaires de la Compagnie Bretonne du poisson

Le respect de la saisonnalité des pêches

Maquereaux comme sardines font l’objet de campagnes de pêches aux périodes où ils présentent, pour la Compagnie, le taux optimal de matière grasse. Des contrôles réguliers sur les poissons effectués en ce sens le garantissent. Entendez par là que le conserveur a à cœur de satisfaire l’appétit des consommateurs avec des poissons dont la chair sera fondante en bouche et savoureuse à souhait.

Alors que les bolincheurs de Concarneau, du Guilvinec ou de Douarnenez s’affairent, de fin juin à octobre pour la pêche aux « demoiselles », c’est en mer celtique que les bateaux hauturiers font les yeux doux aux bancs de maquereaux, et cela de décembre à mars.

Si le  curriculum vitae des sardines qui feront bientôt un dernier voyage vers votre estomac vous intéresse, vous trouverez, inscrits sur leur écrin métallique, les noms du bateau auteur de sa pêche et du port où elles ont débarqué avant d’être mises en boîte. Un bel exemple de traçabilité !

La perpétuation d’un savoir-faire traditionnel local

Témoignage des techniques et savoir-faire d’antan, le filetage des maquereaux est effectué aux ciseaux par les opératrices à l’habileté éprouvée (l’apprentissage du geste aura duré entre 3 à 6 mois). Il en est de même pour les sardines, dont découpe, et emboitage sont faits manuellement, à l’ancienne. Ce travail artisanal d’une matière première particulièrement délicate préserve la qualité gustative des produits.

Une association subtile entre vision moderne et héritage du passé

Bien que la sardine soit le produit emblématique de la marque, la Compagnie Bretonne a su s’adapter non seulement aux nouvelles exigences de goûts de la clientèle mais également au développement de ses habitudes de consommation. Elle propose ainsi une large gamme de conserves, déclinée en rillettes, émiettés, soupes, plats cuisinés, à base de poisson bleu, thon blanc germon, et autres espèces entrant notamment dans la fabrication de la très goûteuse soupe de poissons nature ou à l’algue wakamé.

A noter, cette marque résolument moderne a tout récemment troqué son précédent logo pour une nouvelle identité visuelle que, personnellement, je trouve plus dynamique et actuelle.

Par ailleurs que depuis 2015, la Compagnie Bretonne du poisson sort chaque année de ses lignes de production des boîtes de sardines illustrées par des artistes bretons locaux. Un bel hommage rendu à cette rencontre improbable du savoir-faire traditionnel et de la veine créative contemporaine. Mais dépêchez vous ces boîtes sont en série limitée !

Alors, tentés par une dégustation ? Vous trouverez les produits de La Compagnie Bretonne du Poisson dans les boutiques de la marque principalement situées en Bretagne, dans certaines enseignes d’épicerie fine, mais aussi en vente par correspondance sur leur site et à travers toute la France dans le cadre de salons et foires. Cerise sur le gâteau, l’enseigne vous suggère quantité de recettes pour sublimer ses produits.

Une voie verte pour la dune de l’Ile Tudy

D’importants travaux d’aménagement

Les travaux pour créer une voie de circulation réservée aux piétons et cyclistes sur la dune de l’ile tudy ont démarré début octobre. En effet, cette « voie verte » permettra de longer la plage entre les lieux dits du Téven et de Pen An Truck où un parking est également en cours d’aménagement, De nombreux promeneurs, joggeurs et cyclistes de tous âges ont déjà investi le chemin à l’occasion de ce début des vacances de la Toussaint. à la météo clémente.
La fin des travaux est prévue pour le mois de janvier.

Au delà de faciliter l’accès de la dune à tous, on pense notamment aux personnes à mobilité réduite, aux parents avec les poussettes, etc, il s’agit également de favoriser les déplacements à pieds ou en deux roues en toute sécurité. Alors garez votre voiture et profitez de cette magnifique balade le long de la mer.

La Résidence les Dunes a fêté ses 60 ans !

Un établissement contruit en 1957

En 1957, Mme Conan, mère de l’actuel propriétaire, fit construire l’Hôtel Les Dunes. Elle y développe une offre d’hôtel-pension, ainsi qu’un commerce de boucherie.
Peu de constructions existent à cette période sur cette partie de la presqu’ile ( cf photos ci-dessous).

En 1973, que Monsieur Hugues Conan et son épouse Lydie, rachètent l’Hôtel. Ils feront au fil des années de nombreux travaux d’aménagements pour agrandir et moderniser l’établissement.

Mais ce qui va progressivement faire  la renommée de l’Hôtel Les Dunes c’est la cuisine et surtout la pâtisserie de Monsieur Conan.
En plus de l’hôtel-restaurant, où à l’époque les estivants viennent séjourner en pension complète, Monsieur et Madame Conan ont également repris l’exploitation du commerce alimentaire situé au rez de chaussée de hôtel. Bientôt « la boutique des dunes » comme l’appelle les estivants acquiert une nouvelle réputation.
Monsieur Conan fabrique tout lui même. Il produit croissants, brioches, pains au chocolat, ainsi que de nombreuses pâtisseries, son domaine de prédilection. Tartes aux fraises, éclairs, mille-feuilles, choux chantilly, fars, gâteaux bretons, kouign-amann régalent les vacanciers. Côté salé, l’offre est tout aussi appétissante et réputée : quiches aux fruits de mer, pizze, gratins divers, coulibiac de saumon, coquille St Jacques, …

Quant à Madame Conan, aidée d’une petite équipe de saisonniers, elle gère la partie clients de l’hôtel-restaurant et le service en boutique.

La transformation en studio et chambres d’hôtes

En 2000, l’Hôtel Les Dunes se transforme et devient la Résidence Les Dunes. En effet, les chambres de l’hôtel ont été modifiées pour créer des studios. Par ailleurs quelques chambres sont conservées en chambres d’hôtes. Le commerce sera lui fermé quelques années plus tard, laissant à Monsieur Conan plus de temps pour se consacrer à ses autres passions, le jardinage et la musique…